La réflexion sur le triptyque  “Exclusion-Inégalités sociales-Pauvreté »  commence à être bien affinée ces dernières années. On est passé d’une conception étroite de la pauvreté (mesurée en fonction du revenu ou de la consommation) à une conception faisant appel à des notions plus vastes telles que celles de bien-être ou de privation. En effet, les analyses plus fines par sous-groupes de population mettent en évidence la dimension sociale avec de très fortes différenciations au niveau des catégories d’individus-riches et pauvres, hommes et femmes, urbains et ruraux, etc., qui appellent à la nécessité d’une prise en compte des inégalités si l’on veut apprécier mener des actions ciblées. Car l’absence de politique de ciblage conduit à l’exclusion des couches les plus défavorisées parce que débouchant sur des politiques inappropriées.

La problématique des inégalités de genre est en train d’être examinée avec plus d’attention. En effet, le développement a longtemps marginalisé la dimension sociale. Et c’est au cours de ces dernières années (Guénard et Dubois, 2001) que la manière de se préoccuper du social a connu un profond renouvellement. Par conséquent, les dynamiques de pauvreté ont commencé à être analysées en interaction avec celles des inégalités. Cette analyse s’est efforcée d’intégrer une dimension sociale, considérant les interactions entre pauvreté et inégalités, et même d’incorporer les questions de vulnérabilité et d’exclusion.

L’exclusion sociale est l’une des problématiques les plus actuelles de notre temps. Elle est  devenue, depuis plus de deux décennies, l’objet de diverses politiques et de nombreux programmes gouvernementaux. En effet, l’exclusion pose la problématique de l’accessibilité économique, politique, culturelle, sociale, géographique des services publics.

S’intéresser à l’exclusion, c’est aussi s’intéresser sur les groupes vulnérabilisés par leur situation. Il s’agit notamment des personnes vivant avec un handicap, des enfants, des femmes, des personnes âgées, des minorités, des groupes vivant dans des zones d’accessibilité géographique difficile, etc. Mais également, elle conduit à la marginalisation et aux inégalités sociales se présentant sur plusieurs ordres : institutionnelle, économique, sociale, culturelle, sanitaire, générationnelle, etc.

 

Aujourd’hui, beaucoup d’efforts sont déployés par les pouvoirs publics à l’endroit de certaines couches sociales : octroi de bourses sociales, Couverture Maladie Universelle (CMU), politiques de gratuité de soins ou de dispensation. Ces initiatives  témoignent de l’urgence d’une prise en charge adéquate des inégalités sociales mais aussi des disparités géographiques. D’ailleurs ces inégalités et disparités constituent une des préoccupations de la nouvelle réforme Acte III de la décentralisation qui vise la territorialisation des politiques publiques et la correction des déséquilibres en milieu rural et milieu urbain ; mais également de la politique genre du Sénégal (SNEEG) qui ambitionne de « Faire du Sénégal un pays émergent, sans discrimination, où les hommes et les femmes auront les mêmes chances de participer à son développement et de jouir des bénéfices de sa croissance ».

La thématique des inégalités et des disparités interpelle également au plus point les OSC dont l’une des missions est effectivement d’agir pour que la voix des populations pauvres et marginalisées soit entendue et que leurs points de vue soient pris en compte dans les décisions politiques.

C’est dans ce cadre que le Mouvement Citoyen, avec l’appui du Programme de Coopération Bilatérale Sénégal- Grand-Duché du Luxembourg (Composante Décentralisation, Développement Territorial et Bonne gouvernance SEN/029), « Résultat 4 : appui aux initiatives de la société civile afin  d’améliorer  la gouvernance locale et le contrôle citoyen, pour de meilleurs services publics dans les collectivités locales des régions nord du Sénégal », a initié ces recherches-action.

 

Ces dernières, développées dans un cadre pluridisciplinaire et une approche comparative, interrogent l’articulation de ce triptyque (exclusion-inégalité et pauvreté) et problématisent les incidences de l’inégalité de genre et d’exclusion sur la pauvreté à travers trois axes.

  1. Participation, Démocratie et gouvernance participative « la participation du genre à la gouvernance locale : Quelles alternatives pour le développement durable dans les régions de Fatick, St Louis et Matam »;
  2. Accès à l’Education en milieu rural à travers « la problématique du maintien des élèves à l’école dans le milieu rural : Exemple de l’arrondissement de Yang-Yang à Louga » ;
  3. Accès à la couverture sanitaire à travers « l’évaluation de l’effectivité de la  Couverture Maladie Universelle dans la région de Louga ».